La Gwadloup sé on poèm !
De la rencontre entre Antonio Diaz Florian, directeur du Théâtre de l’épee de bois, et Gerty Dambury, dramaturge guadeloupéenne, est née l’idée de rassembler le public autour de la culture guadeloupéenne, au travers du théâtre, de poèmes, de contes d'hier et d'aujourd'hui.
Première rencontre : Le Séna de Gerty Dambury le samedi 7 avril de 15h à 18h au Théâtre de l'Épée de Bois.
Ki moun ké voyé Séna-la alé ?
Ils seront quinze : comédiens, slammeur, chanteuses, percussionnistes.
Timalo Slam en Maître de Cérémonie
et
Gladys Arnaud, comédienne
Astrid Bayiha, comédienne
Roselaine Bicep, comédienne
Gerty Dambury, comédienne et auteur
René Dambury, percussionniste
Christian Julien, comédien
Jalil Leclaire, comédien
Leila Leclaire, chanteuse
Mariann Mathéus, comédienne et chanteuse
Martine Maximin, comédienne
Firmine Richard, comédienne
Raphaele Serreau, comédienne
Tadié Tuéné, comédien
Mylène Wagram, comédienne
Ils discuteront, ensemble, - comme au pays sous un arbre de la Place de la Victoire ou sur une plage du Gosier -, de l'actualité, des préoccupations quotidiennes. Ils parleront de cette Guadeloupe que nous tous cherchons à saisir, à comprendre (mais veut-elle se laisser saisir entièrement ?)
Ils la chercheront, cette Guadeloupe, dans les textes de Gerty Dambury (Reflux, Lettres Indiennes, Trames, Camille et Justine, Enfouissements, Survols, Bâton Maréchal, Confusion d'Instants, Jambé'y,Lui Hutu/Elle Tutsi, Les Atlantiques Amers
Les comédiens joueront, les tambouyé tambouilleront, les chanteurs chanteront et nous tous, nous mangerons, les assiettes originales préparées par Gerty.
Réservations auprès de La Fabrique Insomniaque au 06 51 11 33 64 ou par mail à gertyH.dambury@gmail.com (attention, limité à 50 places !)
Infos pratiques :
Théâtre de l'Épée de Bois - Cartoucherie
Route du Champ de Manoeuvre - 75012 Paris
Métro Chateau de Vincennes puis bus 112 - Arrêt Cartoucherie.
Entrée libre !!!
lien pour les informations complémentaires : http://www.epeedebois.com/ip.html
lundi 9 avril 2012
mardi 6 mars 2012
Une critique de la mise en scène de Jaz
Jaz de Koffi Kwahulé
Mise en scène et interprétation de Gerty Dambury
Une production de la Fabrique Insomniaque / La Noria Mairie de Paris,
Auditorium 8 mars 2011
Photographies : Emir Srkalovic
Sonorisation : Jacques Cassard
Technicien lumière : Jean-Pierre Nepost
Costume : Claire Risterucci
Chant : Lully Dambury
Cette pièce du dramaturge ivoirien a déjà fait l'objet d'une demi-douzaine de mises en scène dont l'avant-dernière circule actuellement en France après sa création à Montréal. On peut lire en ligne, dans le portail Francotheatres et la rubrique « Spectacles récents », le compte rendu d'Alvina Ruprecht, de la mise en scène de Kristian Frédric en 2010. Si celle-ci a pu paraître excessivement spectaculaire, alors la mise en scène dépouillée de Gerty Dambury constitue le parfait antidote.
L'auditorium de la Mairie de Paris n'est pas, techniquement, un théâtre de rêve, et les conditions de cette création, invitée pour marquer la Journée des droits des femmes, ont sans doute posé des limites à la scénographie. Il sera certainement intéressant de suivre la conception de ce spectacle pour lequel l'actrice ne disposait que d'environ deux mètres de profondeur de plateau devant un écran blanc comme rideau de fond. D'apparence pauvre et nue, cette interprétation est aux antipodes des lectures du genre appropriations / récupérations de textes qui abondent aujourd'hui.
A l'extrême, la scène sera totalement noire et un éclairage minimal y fera luire une main (la main du mendiant qui réclame sa pièce) ou le crâne blanc de l'actrice. Il n'y a aucun accessoire : une femme noire en long fourreau noir et courts cheveux de neige tient la scène. Le leitmotiv de son discours revient une dizaine de fois, à chaque fois énoncé différemment : dit en passant, confié, jeté là, hurlé, ressassé, vociféré : « Je ne suis pas ici pour parler de moi, mais de Jaz » ... C'est le discours explosé d'un sujet femme fragmentaire et l'on imagine aussi bien que quatre actrices aient pu s'en emparer comme le firent les Quatr'elles en 2008. L'argument de la pièce est le viol perpétré dans le piège d'une sanisette, en bas d'un immeuble aux conditions abjectes (depuis des jours les toilettes communes d'un étage supérieur débordent) par un homme « de 33 ans », et au visage de Christ mais armé d'un couteau de cuisine. C'est un maniaque qui croit même qu'il pourra renouveler son forfait tous les dimanches. L'écriture magistrale, mystérieusement pudique, de Kwahulé fait miroiter ce viol comme une grand-messe de la virilité démentielle, où l'homme oblige la fille à prononcer une formule rituelle sur la/sa mortifère « queue de scorpion » ...
Le jeu est sans faille, il dure une heure. Retenu au début, le ton de l'actrice est celui d'un témoin presque détaché de l'histoire. Une tension se noue lorsque la sonorisation intervient pour interrompre la femme, à diverses reprises mais c'est la même voix (unique, voilée, incomparable voix de Gerty Dambury) qui dit des bribes d'un autre discours : d'affaires, de comptabilité, d'arguties de syndic d'immeuble. La spectatrice doit donc s'ouvrir à l'évidence que cette femme « entend des voix » ou souffre d'hallucinations, à moins qu'elle ne soit celle-là même qu'elle nie être, Jaz. Le crescendo monte implacablement et l'actrice au jeu détaché, hiératique du début (souvenir du profil figé des bras, du corps parfait des femmes ou des dieux dans les fresques égyptiennes), le jeu va peu à peu s'animer pour faire entendre la voix intérieure de la victime, mais aussi bien celle du violeur-aboyeur qui ne peut s'assouvir qu'en insultant la jeune fille et mettant à quatre pattes la gent féminine toute entière. On pense à Baudelaire « Sous le fouet du plaisir, ce bourreau sans merci ».
Le tiers supérieur gauche du fond de scène blanc fait écran pour la projection de photographies qui - comme la sonorisation et l'éclairage bien sûr - sont harmonisés avec le déroulement du drame. Cet élément de décor minimaliste et riche fait preuve de la même retenue que le jeu de l'actrice. Les images qui se succèdent sont souvent semi-abstraites, gros plans fragmentaires, silhouette masculine en dessin lumineux pour la scène du viol, ruban multicolore à bande centrale grise (pour présenter le motif de la couleur grise, absente de l'arc-en-ciel, du texte) et « morceaux » de femmes ; dos de femmes dans un bar, et surtout jambes de femmes vues par en dessous ou bien en contre-plongée, images mentales de voyeur banal à l'affût.
Les effets de sonorisation - troisième dimension de ce spectacle épuré - sont généralement discrets, rarement réalistes (goute à goutte rythmique de plomberie et de percussion de baguette), parfois harmonieux (orgues et cordes après le désastre, pizzicato de basse et xylophone de jazz pour évoquer l'amie perdue, Oridé, et son masque, ou encore chant de clôture avec Lully trop éloigné et trop bref), et bien entendu la sono se fera exceptionnellement stridente (sifflements suraigus) pour la scène du viol.
L'ensemble de ce travail est remarquablement mené pour servir un texte majeur dans la dénonciation virile des violences contre les femmes qu'a entreprise Koffi Kwahulé. Gageons pour Gerty Dambury que ce chevau-léger des mises en scène de Jaz , à la fois complexe et minimaliste, voyagera loin et longtemps. C'est la parfaite introduction à un très grand texte dramatique.
Christiane Makward Paris, 11 mars 2011.
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© RFO
Une production de la Fabrique Insomniaque / La Noria Mairie de Paris,
Auditorium 8 mars 2011
Photographies : Emir Srkalovic
Sonorisation : Jacques Cassard
Technicien lumière : Jean-Pierre Nepost
Costume : Claire Risterucci
Chant : Lully Dambury
Cette pièce du dramaturge ivoirien a déjà fait l'objet d'une demi-douzaine de mises en scène dont l'avant-dernière circule actuellement en France après sa création à Montréal. On peut lire en ligne, dans le portail Francotheatres et la rubrique « Spectacles récents », le compte rendu d'Alvina Ruprecht, de la mise en scène de Kristian Frédric en 2010. Si celle-ci a pu paraître excessivement spectaculaire, alors la mise en scène dépouillée de Gerty Dambury constitue le parfait antidote.
L'auditorium de la Mairie de Paris n'est pas, techniquement, un théâtre de rêve, et les conditions de cette création, invitée pour marquer la Journée des droits des femmes, ont sans doute posé des limites à la scénographie. Il sera certainement intéressant de suivre la conception de ce spectacle pour lequel l'actrice ne disposait que d'environ deux mètres de profondeur de plateau devant un écran blanc comme rideau de fond. D'apparence pauvre et nue, cette interprétation est aux antipodes des lectures du genre appropriations / récupérations de textes qui abondent aujourd'hui.
A l'extrême, la scène sera totalement noire et un éclairage minimal y fera luire une main (la main du mendiant qui réclame sa pièce) ou le crâne blanc de l'actrice. Il n'y a aucun accessoire : une femme noire en long fourreau noir et courts cheveux de neige tient la scène. Le leitmotiv de son discours revient une dizaine de fois, à chaque fois énoncé différemment : dit en passant, confié, jeté là, hurlé, ressassé, vociféré : « Je ne suis pas ici pour parler de moi, mais de Jaz » ... C'est le discours explosé d'un sujet femme fragmentaire et l'on imagine aussi bien que quatre actrices aient pu s'en emparer comme le firent les Quatr'elles en 2008. L'argument de la pièce est le viol perpétré dans le piège d'une sanisette, en bas d'un immeuble aux conditions abjectes (depuis des jours les toilettes communes d'un étage supérieur débordent) par un homme « de 33 ans », et au visage de Christ mais armé d'un couteau de cuisine. C'est un maniaque qui croit même qu'il pourra renouveler son forfait tous les dimanches. L'écriture magistrale, mystérieusement pudique, de Kwahulé fait miroiter ce viol comme une grand-messe de la virilité démentielle, où l'homme oblige la fille à prononcer une formule rituelle sur la/sa mortifère « queue de scorpion » ...
Le jeu est sans faille, il dure une heure. Retenu au début, le ton de l'actrice est celui d'un témoin presque détaché de l'histoire. Une tension se noue lorsque la sonorisation intervient pour interrompre la femme, à diverses reprises mais c'est la même voix (unique, voilée, incomparable voix de Gerty Dambury) qui dit des bribes d'un autre discours : d'affaires, de comptabilité, d'arguties de syndic d'immeuble. La spectatrice doit donc s'ouvrir à l'évidence que cette femme « entend des voix » ou souffre d'hallucinations, à moins qu'elle ne soit celle-là même qu'elle nie être, Jaz. Le crescendo monte implacablement et l'actrice au jeu détaché, hiératique du début (souvenir du profil figé des bras, du corps parfait des femmes ou des dieux dans les fresques égyptiennes), le jeu va peu à peu s'animer pour faire entendre la voix intérieure de la victime, mais aussi bien celle du violeur-aboyeur qui ne peut s'assouvir qu'en insultant la jeune fille et mettant à quatre pattes la gent féminine toute entière. On pense à Baudelaire « Sous le fouet du plaisir, ce bourreau sans merci ».
Le tiers supérieur gauche du fond de scène blanc fait écran pour la projection de photographies qui - comme la sonorisation et l'éclairage bien sûr - sont harmonisés avec le déroulement du drame. Cet élément de décor minimaliste et riche fait preuve de la même retenue que le jeu de l'actrice. Les images qui se succèdent sont souvent semi-abstraites, gros plans fragmentaires, silhouette masculine en dessin lumineux pour la scène du viol, ruban multicolore à bande centrale grise (pour présenter le motif de la couleur grise, absente de l'arc-en-ciel, du texte) et « morceaux » de femmes ; dos de femmes dans un bar, et surtout jambes de femmes vues par en dessous ou bien en contre-plongée, images mentales de voyeur banal à l'affût.
Les effets de sonorisation - troisième dimension de ce spectacle épuré - sont généralement discrets, rarement réalistes (goute à goutte rythmique de plomberie et de percussion de baguette), parfois harmonieux (orgues et cordes après le désastre, pizzicato de basse et xylophone de jazz pour évoquer l'amie perdue, Oridé, et son masque, ou encore chant de clôture avec Lully trop éloigné et trop bref), et bien entendu la sono se fera exceptionnellement stridente (sifflements suraigus) pour la scène du viol.
L'ensemble de ce travail est remarquablement mené pour servir un texte majeur dans la dénonciation virile des violences contre les femmes qu'a entreprise Koffi Kwahulé. Gageons pour Gerty Dambury que ce chevau-léger des mises en scène de Jaz , à la fois complexe et minimaliste, voyagera loin et longtemps. C'est la parfaite introduction à un très grand texte dramatique.
Christiane Makward Paris, 11 mars 2011.
Jaz ...
© RFO
dimanche 6 novembre 2011
Tournée de Jaz en Guadeloupe
La tournée de Jaz en Guadeloupe, orchestrée par Claire-Nita Lafleur, entre le 10 mars et le 30 mars a connu un franc succès.
Le public a été particulièrement sensible à la qualité, à la force du texte et à la mise en scène, qui, reposant essentiellement sur les lumières et le son, laisse une grande liberté à la comédienne.
Les huit représentations, adossées à des rencontres avec le public, dans trois médiathèques et trois lycées, ont été l’occasion d’échanges nourris sur la question du viol et des violences faites aux femmes.
Le spectacle est d’ores et déjà de nouveau réclamé et une seconde tournée se prépare qui se focaliserait cette fois sur les communes de la Basse-Terre. Tournée prévue en novembre/décembre 2011.
Le public a été particulièrement sensible à la qualité, à la force du texte et à la mise en scène, qui, reposant essentiellement sur les lumières et le son, laisse une grande liberté à la comédienne.
Les huit représentations, adossées à des rencontres avec le public, dans trois médiathèques et trois lycées, ont été l’occasion d’échanges nourris sur la question du viol et des violences faites aux femmes.
Le spectacle est d’ores et déjà de nouveau réclamé et une seconde tournée se prépare qui se focaliserait cette fois sur les communes de la Basse-Terre. Tournée prévue en novembre/décembre 2011.
Tournée de JAZ en Guadeloupe
La tournée de Jaz en Guadeloupe, orchestrée par Claire-Nita Lafleur, entre le 10 mars et le 30 mars a connu un franc succès.
Le public a été particulièrement sensible à la qualité, à la force du texte et à la mise en scène, qui, reposant essentiellement sur les lumières et le son, laisse une grande liberté à la comédienne.
Les huit représentations, adossées à des rencontres avec le public, dans trois médiathèques et trois lycées, ont été l’occasion d’échanges nourris sur la question du viol et des violences faites aux femmes.
Le spectacle est d’ores et déjà de nouveau réclamé et une seconde tournée se prépare qui se focaliserait cette fois sur les communes de la Basse-Terre. Tournée prévue en novembre/décembre 2011.
La tournée de Jaz en Guadeloupe, orchestrée par Claire-Nita Lafleur, entre le 10 mars et le 30 mars a connu un franc succès.
Le public a été particulièrement sensible à la qualité, à la force du texte et à la mise en scène, qui, reposant essentiellement sur les lumières et le son, laisse une grande liberté à la comédienne.
Les huit représentations, adossées à des rencontres avec le public, dans trois médiathèques et trois lycées, ont été l’occasion d’échanges nourris sur la question du viol et des violences faites aux femmes.
Le spectacle est d’ores et déjà de nouveau réclamé et une seconde tournée se prépare qui se focaliserait cette fois sur les communes de la Basse-Terre. Tournée prévue en novembre/décembre 2011.
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