Elles ont commencé à se produire en septembre 2009. Depuis, elles ont reçu de nombreuses propositions, par exemple, celle d'assurer la première partie de la chanteuse Suisso-Angolaise, Florence Chitacumbi, au China, les 22 et 29 avril 2010. Les fidèles s'en sont aperçu lors du dernier concert qu'elles ont assuré au Café Universel, le 09 avril dernier, sous le regard admiratif d'Azou, le propirétaire du lieu. Le Café Universel est véritablement devenu leur port d'attache. Elles s'y produiront d'ailleurs le 08mai 2010, en deuxième partie de soirée. La Fabrique Insomniaque continue de leur apporter son soutien et envisage de les aider à atteindre leur but.Elles rêvent en effet d'élargir leur formation à un bassiste et un batteur. À suivre, donc...
Les Editions du Manguier nous sont apparentées de diverses manières. Il y a entre nous, tout d'abord, la passion d'un fruit, non pas du fruit de la passion qui retient beaucoup l'attention, mais de la Mangue, douceur. La gourmandise. Des mots, des fruits. Les éditions du Manguier sont nées, après une très longue gestation, d'un rêve caressé en silence. À l'origine de cette petite maison d'édition fondée par Claude Tsao, le désir de publier des écrits sur la guerre de 14. Au fil de recherches infructueuses sur certains aspects, le champ s'est élargi, précisément, de la IIIème République pour la préparation de cette guerre suicidaire à la déclaration de la seconde guerre mondiale. Fruit de rencontres avec d'autres, une nouvelle branche d'interrogations s'est fait jour : le rôle des colonies durant toutes ces périodes. Auprès de qui obtenir des réponses ? Les historiens, les écrivains quand ceux-ci s'attèlent à la tâche. Ultime chemin de découvertes, les écrivains des Caraïbes. Alors s'est ouvert un deuxième front, si l'on peut dire : celui des littératures de la Caraïbe ; des textes à faire découvrir et d'autres à faire re-découvrir. Avec le temps. Quid de tel ou tel texte, qui constitue un incontournable aux yeux des guadeloupéens, martiniquais, guyanais et qui demeure introuvable. Notre homme rêve de pouvoir contribuer à tirer de l'oubli ces documents qui relèvent également de l'histoire. Littéraire, cette fois. Faire ré-entendre des voix oubliées, en somme. C'est le troisième objectif des éditions du Manguier. Faire entendre la voix de l'auteur disant ses textes : c'est le pari que s'est lancé Claude Tsao, en réservant, aux lecteurs les plus fidèles, un enregistrement des textes d'Effervescences, le dernier recueil de poèmes de Gerty Dambury, qui sortira bientôt. Dits par l'auteur, bien entendu. Et l'on murmure que cet insomniaque notoire -ce qui lui vaut largement sa place dans notre Fabrique – s'intéresserait aux non-voyants... Plus tard, plus tard, murmure-t-il, toujours secret. Connaissance historique, défense des littératures de la Caraïbe, voix : tels sont les aspects que nous partageons avec les Editions du Manguier et qui nous amènent à les classer parmi les partenaires avec lesquels nous tissons des liens étroits.
Le 12 janvier 2010, ce tremblement de terre qui touche durement Haïti ! Et le besoin de faire silence. Nous avons voulu laisser passer un peu de temps! Tant de gestes de solidarité se sont manifestés, venus du monde entier. Que pouvions-nous dire de plus ? Devions-nous ajouter une voix de plus, à peine audible, au milieu des autres, de toutes les belles mobilisations, parmi des gens qui nous sont proches, des comédiens et comédiennes, comme Mylène Wagram, qui, avec Frédérique Liebaut et Clotilde Ramondou ont organisé à la Librairie Les Oiseaux Rares, une semaine de lectures de textes d'auteurs haïtiens? Plutôt des gestes que des mots. J'ai participé à la lecture du dimanche 31 janvier en choisissant de dire-lire un extrait du texte d'Anthony Phelps, "Ô mon pays que voici". J'avais neuf ans, je crois, la première fois que j'ai entendu ce texte, sous la forme d'un enregistrement fait par le poète lui-même. Un grand 33 tours qui déversait, en tournant lentement, cette voix grave et profonde, une belle et magnifique voix disant ce texte qui allait m'en apprendre tellement sur Haïti, à cet âge-là, dans cette ville de Pointe-à-Pitre de mon enfance. Je voyais défiler d'autres temps, le temps des amérindiens, quelque peu magnifié par Phelps, je peux en juger aujourd'hui, mais à l'époque, un véritable paradis m'apparaissait là qui avait été brisé par l'arrivée des espagnols, « le dieu de l'espagnol », l'or tant convoité. Ce texte de Phelps est pour moi indissociable d'Haïti et de mon enfance et le redire, ce jour-là, imaginer Port-au-Prince sous la conduite d'Anthony Phelps, en ayant dans le même temps, en tête, les terribles images que les télévisions et les journaux n'ont cessé de diffuser, sans respect pour les habitants et leur souffrance (mais ceci a été dénoncé par d'autres et sans doute mieux que moi), a été très émouvant. Dire ce texte était le plus profond hommage que je pouvais rendre à ce pays qu'à l'âge de neuf ans, il m'a été donné d'apercevoir et que je n'ai depuis cessé de découvrir au travers de sa littérature. Je n'ose pas en dire davantage, de peur de sortir de la solidarité tout en modestie qui me semble devoir être la règle en de telles circonstances. Gerty Dambury